Publicités

Ajaccio, le village Alzheimer le 22 septembre 2018.

« Elle n’est plus tout à fait la même que l’année dernière. La maladie évolue sournoisement. Et pourtant c’est toujours elle. C’est toujours ma maman chérie. Il me semble que je l’aime encore plus. C’est sans doute que moi aussi je ne suis plus le même que l’an dernier. Notre relation a réussi à évoluer avec le temps et avec la maladie…
Notre relation est restée très forte. Ma mère non seulement me reconnaît, mais elle m’attend et me réclame toute la journée. Pour ma part, je vais la voir tous les soirs après mon travail. Elle le sait. Nous prenons notre souper ensemble. Elle a bon appétit. Très souvent on lui ressert une assiette ou je lui donne la mienne. Il est vrai aussi que le midi, parfois, il lui arrive de ne rien manger ou presque. Elle ne reste pas en place, se lève de table. En tout cas, l’époque des blédines est révolue. Ensuite, les aides soignantes la mettent en pyjama, parfois c’est moi, parfois c’est déjà fait avant que j’arrive, et puis je m’assois près de son lit et j’attends qu’elle s’endorme. Ce qui de manière générale ne tarde pas trop avec la prise de médicaments.

Quand elle me voit arriver le soir, ou l’après-midi le week-end, je suis accueillis par son sourire extraordinaire, et bien souvent par un « amore mio » qui lui sort du fond du cœur. Et les étreintes, les câlins, les bisous. Et puis souvent elle me raconte avec passion des choses qui sont incompréhensibles. Mais je l’écoute avec un grand intérêt. Parfois je lui demande de me préciser de quoi ou de qui elle parle, alors elle me dit : « je ne sais pas ». En tout cas elle me raconte et je l’écoute. Elle a l’air soudain apaisée. Et puis s’ensuit un long mutisme pendant lequel on continue à se tenir et à se caresser les mains. Mais parfois, c’est l’agitation. Elle me dit : « il faut qu’on parte ! ». Alors je déambule avec elle. Nous faisons le tour du bâtiment par la terrasse, et nous parcourons plusieurs fois le long couloir qui mène des chambres à la salle à manger. A ce propos, elle sait où se trouve sa chambre, contrairement à certains résidents. Parfois elle est fatiguée et a envie d’aller se coucher. La sieste de l’après-midi, ou avant le repas du soir. Elle sait que je reste près d’elle, elle me sert la main contre elle. Et puis elle se réveille au moment du goûter ou pour le souper.
Je la stimule comme je peux. Toujours avec beaucoup d’empathie, un immense respect et tout simplement mon amour. »

 » Ce n’est pas la télé, c’est contre Alzheimer mobilisez-vous ! « 

person on bench
Photo by Kevin Bidwell on Pexels.com
Publicités

Laisser un commentaire

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Create a website or blog at WordPress.com Thème : Baskerville 2 par Anders Noren.

Retour en haut ↑

Top
%d blogueurs aiment cette page :